Visite de l'église-baptistère (XIe-XVIe) : les vestiges du baptistère (Haut Moyen-âge), l'église romane et les multiples fresques.

Un peu d'histoire : 
La fondation de l’église Saint-Jean-Baptiste de Meysse se situe entre le VIIe et le Xe siècle. Son histoire est intéressante puisqu’elle illustre les enjeux de possession des abbayes et les conflits qui en résultent. Au VIIe siècle, l’évêque de Viviers, Ardulphe, donne à la mense épiscopale divers lieux, dont Meysse. Trois siècles plus tard, l’église et ses revenus sont usurpés par une famille féodale, et un certain Géraud fait donation de l’église Saint-Jean-Baptiste de Meysse à l’abbaye de Cluny. Il en réserve cependant la moitié de l’usufruit à son épouse et à son fils Arman leur vie durant, le tout devant revenir aux moines clunisiens après leur mort. 

Les chanoines de Viviers ne manquent pas de protester contre la donation d'Ardulphe, dont ils contestent le bien-fondé juridique, revendiquant la propriété de l’église. Finalement, Saint-Jean de Meysse est remise à l’évêché de Viviers et l’abbaye de Cluny reçoit en compensation l’église de Saint-Vincent-de-Barrès.

L’église de Meysse est confiée à l’abbaye de Cruas à la fin du XIe siècle, qui y installe un prieuré.

L’église est dévastée pendant les guerres de religion, et décrite comme « ruinée et sans porte ». Restaurée à diverses reprises, elle sera finalement désaffectée en 1940.
L’église est ouverte à la visite, mais dans des conditions restrictives. Des travaux sont envisagés pour améliorer le parcours et faire du bâtiment un centre culturel. Ne subsiste du bâtiment du bâtiment original que la partie ouest de la nef. Elle abrite notamment un rare baptistère octogonal du Ve siècle.
Depuis Avril 2015 elle fait partie des site clunisiens
http://www.sitesclunisiens.org

Qu'est ce qu'un site clunisiens ? Les sites clunisiens de la Fédération

La Fédération qualifie de "site clunisien" un ensemble de bâtiments - ou ce qu'il en reste aujourd'hui - témoignant des liens que ce site a entretenu avec l'abbaye de Cluny du Xe au XVIIIe siècle. Cette définition permet ainsi de considérer comme site clunisien :

Les monastères fondés par Cluny
Des prieurés tentaculaires avec leur propre réseau d’influence (La Charité-sur-Loire)
Des prieurés « clones » de Cluny, fonctionnant selon le même schéma domanial (Romainmôtier)
Des prieurés modestes dépendant de leur environnement seigneurial (Vertemate)
Des monastères de femmes (Sölden)
Les monastères réformés par Cluny (les abbayes fondées avant Cluny et confiées à elle pour la réforme de leur mode de vie monastique)
Des abbayes dont l’intégration au réseau clunisien fut heureuse (Moissac)
Des abbayes à l’intégration fortement mouvementée au cours de l’Histoire (Menat)
Des abbayes dont l’intégration fut de courte durée (San Benedetto Po)
Les monastères aux liens privilégiés avec Cluny
Les abbayes ayant entretenu des liens particuliers avec des abbés de Cluny et ayant adopté sa réforme (Déols)
Les abbayes ayant adopté les coutumes clunisiennes et ayant amplifié l’influence de Cluny dans certaines parties de l’Europe (Hirsau)
Les doyennés, au centre du réseau seigneurial des moines, comme relais des monastères
Les doyennés ayant en leur centre une église séculière (Saint-Hyppolite)
Les doyennés comme grosses fermes flanquées d’un oratoire (Berzé-la-Ville)
Les doyennés comme sièges d’un centre d’exploitation (Blanot)
Les doyennés comme lieux de justice et haut-lieu politique (Mazille)
Les lieux résidentiels
Les collèges, qui accueillaient des moines-étudiants (comme le collège Saint-Jérôme de Dole)
L'hôtel des abbés de Cluny, dans la capitale (musée national du Moyen Age de Paris)
Les fiefs et seigneuries de l'abbaye
Les seigneuries viticoles (Gevrey-Chambertin, Monthelie)
Les fiefs avec bourg et château seigneurial (Toulon-sur-Arroux)
Les villages, monuments et lieux de mémoire clunisienne

Comme le village de Semur-en-Brionnais, avec le château natal de saint Hugues, qui fut par la suite légué à Cluny...